Ă Paris, se prĂ©parer ne veut pas dire imiter en ville ce qu’on ferait en forĂȘt. Les risques y sont diffĂ©rents â coupure d’Ă©lectricitĂ©, crue de la Seine, canicule, panne de rĂ©seau â et les contraintes aussi : peu de mĂštres carrĂ©s, pas de terrain, un voisinage dense qui est autant une ressource qu’une difficultĂ©. Voici ce qui marche rĂ©ellement dans ce cadre, et ce qui n’y a pas sa place.
Plan de l'article
⥠En bref #
- Quatre risques concrets à Paris : crue, canicule, coupure électrique prolongée, panne de réseau. Ils sont documentés commune par commune et arrondissement par arrondissement.
- Le sous-sol n’est pas un abri. L’accĂšs aux carriĂšres souterraines est interdit, l’atmosphĂšre y est dangereuse et les secours ne s’y engagent pas facilement. Cette page ne le recommande pas.
- En appartement, l’eau est la contrainte. C’est le poste le plus lourd et le plus encombrant, et c’est celui qui manque en premier.
- La cueillette urbaine n’est pas une ressource alimentaire : les sols de la capitale portent un hĂ©ritage industriel, et le bord de route concentre les polluants.
- Six liens de cette page traitent de soft skills et de management. Ils ont Ă©tĂ© posĂ©s sur le mot « compĂ©tences » et n’ont aucun rapport avec le sujet â ils sont signalĂ©s en fin de page.
ConnaĂźtre les risques de son adresse #
Avant tout achat, une demi-heure de lecture. Votre adresse est-elle en zone inondable ? Votre logement est-il sous les toits, donc exposé à la canicule ? Y a-t-il un site classé à proximité ? Ces informations sont publiques et consultables par adresse, et elles déterminent tout le reste.
Deux singularitĂ©s parisiennes mĂ©ritent d’ĂȘtre nommĂ©es :
Ă lire Ătes-vous prĂȘts pour la fin du monde ?
- La crue. Une crue lente de la Seine ne noie pas la ville, elle coupe : sous-sols, rĂ©seaux techniques, transports, parfois Ă©lectricitĂ© et distribution d’eau sur des secteurs entiers. Le scĂ©nario de rĂ©fĂ©rence est la crue de 1910.
- La chaleur. Un appartement mal isolĂ© sous combles devient dangereux avant que la rue ne le devienne. C’est le risque qui tue le plus rĂ©guliĂšrement en ville.
Le sous-sol : pourquoi c’est un mauvais plan
Ce point mĂ©rite une mise au point, parce qu’il revient partout. Le rĂ©seau de carriĂšres souterraines de Paris est fermĂ© au public : y descendre est passible d’une amende. Ce n’est pas qu’une question rĂ©glementaire. L’air y est appauvri en oxygĂšne par endroits, les galeries s’effondrent, on s’y perd, le tĂ©lĂ©phone n’y passe pas, et la crue les remplit en premier. Un souterrain n’est ni un abri ni un itinĂ©raire de repli.
Cela dit, l’histoire de ce sous-sol est fascinante, et une chronique d’architecture lui est consacrĂ©e â Ă lire pour le sujet lui-mĂȘme, pas comme un guide pratique.
En ville, on ne survit pas contre les autres. On tient grĂące Ă l’Ă©tage du dessous, qui a une bouilloire Ă gaz et une clĂ© de la cave.
Le stock en appartement #
- L’eau d’abord. C’est lourd et encombrant, donc c’est ce qu’on repousse. Des bidons plats glissĂ©s sous un lit ou au fond d’un placard rĂ©solvent la moitiĂ© du problĂšme.
- Un stock tournant, pas un stock dormant : on achĂšte ce qu’on mange, on mange ce qu’on stocke. En petite surface, c’est la seule forme tenable.
- Une source de chaleur d’appoint pour cuire â et jamais de brasero ni de barbecue en intĂ©rieur : le monoxyde de carbone tue sans odeur ni signal.
- LumiÚre et énergie : frontale, piles, batterie externe chargée, chargeur à manivelle.
- Une radio à piles pour les consignes officielles quand le réseau mobile sature.
- Vos traitements en cours, avec une avance discutĂ©e avec votre mĂ©decin. Les mĂ©dicaments sur ordonnance ne relĂšvent pas d’une liste de matĂ©riel.
Se nourrir : ce qui marche et ce qui n’en est pas #
Le jardinage urbain â balcon, rebord, jardin partagĂ©, toiture â a un intĂ©rĂȘt rĂ©el : herbes aromatiques, quelques lĂ©gumes, et surtout un lien de voisinage. Il ne nourrit pas un foyer, et prĂ©sentĂ© comme une sĂ©curitĂ© alimentaire, il induit en erreur. Les expĂ©riences de mini-fermes urbaines dĂ©crites aux Ătats-Unis ou les critiques du modĂšle des grandes villes aident Ă situer le dĂ©bat, tout comme les rĂ©flexions sur les modes de vie urbains face au rĂ©chauffement et les leçons d’urbanisation des BRICS.
En revanche, la cueillette en ville est Ă Ă©carter. Les sols urbains portent un hĂ©ritage industriel et automobile, les abords de voies concentrent les mĂ©taux lourds, et rien ne distingue Ă l’Ćil une plante saine d’une plante chargĂ©e. Les espaces verts publics sont par ailleurs soumis Ă un rĂšglement qui interdit le prĂ©lĂšvement. Ce n’est pas une compĂ©tence Ă acquĂ©rir Ă Paris.
Un mot sur les complĂ©ments alimentaires, souvent citĂ©s dans ce type de liste : ils ne transforment pas un stock dĂ©sĂ©quilibrĂ© en alimentation complĂšte, et aucun n’est nĂ©cessaire sur une durĂ©e courte.
Le voisinage, premiĂšre ressource urbaine #
C’est le point le plus sous-estimĂ© et le moins coĂ»teux. ConnaĂźtre trois voisins par leur prĂ©nom, savoir qui vit seul dans l’immeuble, qui a un enfant en bas Ăąge, qui a une cuisiniĂšre Ă gaz : c’est ce qui fonctionne rĂ©ellement pendant les premiĂšres heures d’une coupure. Une liste de numĂ©ros affichĂ©e dans le hall vaut mieux qu’un groupe de messagerie qui dĂ©pend du rĂ©seau.
Ă lire Comment survivre dans la nature : guide de base du survivalisme ?
- Un point de rassemblement hors de l’immeuble, connu de tout le foyer.
- Un contact hors rĂ©gion : quand le rĂ©seau local sature, c’est souvent lui qui relaie les messages.
- Une formation aux premiers secours : la Croix-Rouge et les pompiers en organisent rĂ©guliĂšrement, et c’est le seul poste de cette page qui augmente rĂ©ellement ce que vous savez faire.
Sur l’autodĂ©fense, souvent mise en avant : en France, la lĂ©gitime dĂ©fense est strictement encadrĂ©e â riposte immĂ©diate, nĂ©cessaire et proportionnĂ©e â et la dĂ©tention d’armes relĂšve d’un rĂ©gime d’autorisation. Pratiquer un sport de combat est utile pour le sang-froid et la condition physique ; cela ne crĂ©e aucun droit particulier.
Les liens hors sujet de cette page #
Une sĂ©rie de liens avait Ă©tĂ© posĂ©e automatiquement sur le mot « compĂ©tences », qui dĂ©signe tout autre chose en formation professionnelle. Ils sont conservĂ©s, et voici ce qu’ils sont rĂ©ellement :
- Les soft skills du responsable formation et les power skills en entreprise : formation professionnelle.
- Dix formations pour devenir manager : gestion d’Ă©quipe.
- Quatre compĂ©tences entrepreneuriales enseignĂ©es Ă l’UniversitĂ© de MontrĂ©al : enseignement supĂ©rieur.
- Un billet sur les soft skills : développement personnel.
- Une journée mondiale des compétences des jeunes : actualité associative, hors de France.
- Une page « Chantiers communs » du ministÚre de la Culture : patrimoine.
đŻ Ă retenir #
- Partez de votre adresse : crue, chaleur, coupure. Le reste en découle.
- Le sous-sol parisien est interdit et dangereux : ce n’est ni un abri ni un itinĂ©raire.
- L’eau est le poste le plus lourd et le premier Ă manquer en appartement.
- Jamais de flamme ou de combustion en intérieur pour se chauffer ou cuire sans évacuation.
- La cueillette urbaine n’est pas une ressource : sols chargĂ©s et prĂ©lĂšvement interdit dans les espaces verts.
- Trois voisins connus valent plus que n’importe quel achat.




