Menaces hybrides : l’État lance une série d’exercices de résilience, de Frontignan à la Marne

L’État ne se contente plus de conseiller aux Français de préparer un sac d’urgence : il va s’entraîner lui-même à gérer plusieurs crises à la fois. Le dossier de presse de la Journée nationale de la résilience, publié le 12 octobre 2026, annonce une série d’exercices face aux « menaces hybrides », qui commence en novembre dans l’Hérault. Il rappelle aussi ce que l’on attend de chaque citoyen.

En bref
  • 5e édition de la Journée nationale de la résilience, avec un temps fort le 13 octobre 2026.
  • Plus de 12 000 actions déjà labellisées cette année, et plus de 40 000 depuis 2022.
  • Trois exercices de crise, dans l’Hérault (novembre 2026), dans la Marne (mi-janvier 2027) puis en Auvergne-Rhône-Alpes.
  • Le kit d’urgence 72 h revient dans la plupart des ateliers grand public.

Qu’est-ce que la Journée nationale de la résilience ? #

Lancée par le gouvernement en 2022, elle est devenue un rendez-vous annuel, inscrit dans la loi du 10 juillet 2023. Elle est portée par le ministère de l’Intérieur et le ministère de la Transition écologique, via la Direction générale de la sécurité civile (DGSCGC) et la Direction générale de la prévention des risques (DGPR).

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La date du 13 octobre n’est pas un hasard : elle correspond à la journée internationale de l’ONU pour la réduction des risques de catastrophe. Mais la JNR se déroule en réalité toute l’année. Le message du dossier de presse officiel est sans ambiguïté : le citoyen doit être « acteur de sa propre sécurité ».

Que vont tester les exercices de résilience ? #

C’est la vraie nouveauté de 2026. À la demande du président de la République, le ministère de l’Intérieur organise des exercices en préfecture pour préparer les territoires à des crises multiples, impliquant notamment des menaces hybrides.

Le premier aura lieu dans l’Hérault à partir de novembre 2026, en présence du ministre délégué Jean-Didier Berger. Il mélangera sécurité civile, sécurité publique, lutte anti-drone, cyberdéfense et guerre informationnelle. L’objectif est de vérifier que les acteurs savent répondre à plusieurs menaces en même temps.

Le scénario s’appuie sur des sites sensibles bien réels : la commune de Frontignan, son dépôt d’hydrocarbures et le port de Sète. Détail parlant pour qui s’intéresse à l’autonomie : le centre opérationnel de la préfecture sera déplacé à Frontignan, pour tester la continuité de l’action de l’État si son site habituel devient inutilisable.

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Deux autres exercices suivront, dans la Marne à la mi-janvier 2027 puis en Auvergne-Rhône-Alpes au second semestre 2027. Le ministère veut en tirer un « kit transposable » pour fédérer élus, services de l’État et entreprises autour du préfet. La zone de défense Sud-Est a déjà organisé le sien le 15 octobre.

Combien d’actions sont organisées en France ? #

Selon le dossier de presse, repris par Maire-info le 13 octobre, la JNR a donné lieu à plus de 40 000 actions depuis son lancement. Pour 2026, plus de 12 000 actions étaient déjà labellisées au moment de la publication.

Les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 10 décembre 2026. Collectivités, associations, écoles, entreprises et même particuliers peuvent faire labelliser une initiative, à condition qu’elle serve au moins un de ces trois objectifs : anticiper les risques majeurs, se préparer à une catastrophe ou renforcer la résilience collective.

À quoi ressemblent ces actions sur le terrain ? #

Les formats sont très variés. Dans la Nièvre, le SDIS fait circuler la « RésiliRoom », une reproduction démontable d’un logement où l’on apprend, dès 3 ans, à repérer les dangers, à réagir face à un incendie et à constituer un kit d’urgence 72 h.

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Dans le Cantal, un parcours de six stands réunit pompiers, gendarmes de haute montagne et protection civile. En Meurthe-et-Moselle, une exposition revient sur la crue de 2006, avec une maquette 3D des inondations. Dans le Finistère, la préfecture a ciblé les seniors, pendant la Semaine bleue.

À Paris et dans les Alpes-Maritimes, la campagne « Face aux risques, agissons ! » transforme des véhicules de pompiers en supports de prévention : dix véhicules de la BSPP, dix du SDIS 06 et des véhicules de l’Ordre de Malte. Leurs QR codes renvoient vers trois vidéos immersives sur l’inondation, le feu de forêt et le cyclone.

Quels outils officiels utiliser pour se préparer chez soi ? #

Le dossier de presse liste quatre outils que tout foyer préparé devrait connaître. Géorisques indique, à partir d’une simple adresse, les risques naturels, technologiques et miniers qui vous concernent. C’est le point de départ logique de tout plan de préparation.

Vigicrues suit la vigilance crues sur plus de 26 000 km de cours d’eau surveillés par l’État, avec une application mobile. FR-Alert, en service depuis fin juin 2022, envoie l’alerte directement sur les téléphones présents dans la zone de danger.

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Le quatrième outil est le plus concret : le Plan individuel de mise en sûreté (PIMS). Il se résume en trois étapes : s’informer sur les risques autour de soi, se préparer en constituant un kit d’urgence pour tenir en cas d’évacuation ou de mise à l’abri, puis savoir agir en reconnaissant les signaux d’alerte et en suivant des sources fiables.

Ce que cela change pour les familles qui se préparent #

Le discours officiel rejoint désormais celui des préparateurs : l’autonomie des premières heures n’est plus un sujet marginal. Quand l’État lui-même teste la perte de son centre de crise, il devient difficile de considérer le sac d’urgence comme une lubie.

Concrètement, la JNR est une bonne occasion de faire le point : vérifier son exposition sur Géorisques, rédiger son PIMS en famille, contrôler les dates de péremption de son kit et s’assurer que FR-Alert fonctionne sur chaque téléphone du foyer. Les ateliers labellisés près de chez vous, souvent gratuits, permettent aussi de réviser les gestes qui sauvent.

Questions fréquentes #

La Journée nationale de la résilience a-t-elle lieu uniquement le 13 octobre ?

Non. Le 13 octobre en est le point d’orgue, mais les actions labellisées se déroulent toute l’année, et les inscriptions restent ouvertes jusqu’au 10 décembre 2026.

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Où se dérouleront les exercices de crise ?

Dans l’Hérault à partir de novembre 2026 (autour de Frontignan et du port de Sète), dans la Marne à la mi-janvier 2027, puis en Auvergne-Rhône-Alpes au second semestre 2027.

Qu’est-ce que le PIMS ?

Le Plan individuel de mise en sûreté est un document qui aide chaque foyer à s’informer sur ses risques, à préparer un kit d’urgence et à savoir réagir en cas d’alerte.

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