Le survivalisme : la prochaine tendance à adopter absolument pour rester en vie?

En France, se préparer à un événement grave n’est ni une lubie ni une mode : c’est une démarche publique, décrite et outillée par l’administration. Information sur les risques de sa commune, signal d’alerte, consignes à appliquer, sac tenu prêt : tout est écrit noir sur blanc sur les portails de l’État. Voici ce que ces documents disent réellement — et rien d’autre.

L’essentiel en une phrase
Se préparer, c’est trois choses simples et vérifiables : savoir quels risques concernent sa commune, reconnaître le signal d’alerte et appliquer les consignes des autorités, et garder chez soi un kit d’urgence 72 h dont la liste est publiée par Géorisques, le portail public d’information sur les risques majeurs.

Se préparer aux risques majeurs, un sujet public #

Le mot « survivalisme » charrie beaucoup d’imaginaire. Le sujet réel, lui, est beaucoup plus banal et beaucoup mieux documenté : une inondation, une tempête, un accident industriel ou une coupure durable d’électricité, d’eau et de gaz sont des situations que les pouvoirs publics anticipent et pour lesquelles ils publient des consignes.

Géorisques, le portail public d’information sur les risques majeurs, le formule sans dramatiser : « La préparation à la gestion des crises est une responsabilité partagée. Elle incombe aux pouvoirs publics mais aussi à chaque citoyen, qui doit être en mesure, en attendant les secours, de se mettre en sécurité. » Le raisonnement est collectif, pas individualiste : une personne qui sait se protéger seule quelques heures est une personne que les secours n’ont pas à aller chercher, et qui leur laisse le temps d’intervenir ailleurs.

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Ce que recouvre vraiment la préparation #

L’administration a mis un nom et une méthode sur cette démarche : le plan individuel de mise en sûreté (PIMS). C’est un document synthétique à remplir chez soi, que Géorisques présente comme « une méthode simple, accessible à tous », structurée en trois étapes explicitement nommées sur la page : je m’informe, je me prépare, j’agis.

Autrement dit : identifier les risques autour de soi, préparer de quoi tenir sans aide le temps que les secours arrivent, puis savoir où regarder et quoi faire le jour où quelque chose se produit. Rien qui demande un équipement particulier, une formation longue ou un budget. Le reste — ce qu’on voit passer sur les réseaux, les mises en scène, les matériels vendus comme indispensables — ne figure dans aucun de ces documents.

S’informer sur les risques de sa commune #

C’est la première étape, et la plus souvent négligée : les risques ne sont pas les mêmes d’une commune à l’autre, et l’information existe déjà. Géorisques énumère les sources officielles à consulter.

Le portail Géorisques
Le site public permet de consulter, adresse par adresse, les risques naturels et technologiques recensés sur un territoire.
Le DICRIM, en mairie
Le document d’information communal sur les risques majeurs est réalisé par le maire, en application de l’article R. 125-11 du Code de l’environnement. Il informe les habitants des risques existant sur la commune et des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde mises en œuvre.
Le DDRM, en préfecture
Le dossier départemental des risques majeurs joue le même rôle à l’échelle du département. Géorisques cite également les sites et les réseaux sociaux des services de l’État.

Reconnaître l’alerte et suivre les consignes #

Deux canaux distincts coexistent. La vigilance météorologique, élaborée par Météo-France, annonce un danger à venir ; le signal d’alerte prévient qu’un événement est en cours.

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Sur la vigilance, Géorisques décrit un dispositif volontairement simple : une échelle de quatre couleurs (vert, jaune, orange et rouge) indiquant le niveau de danger maximal prévu, un découpage par département, et une double carte — la journée en cours et le lendemain. Elle est actualisée « au moins deux fois par jour, à 6h et à 16h, plus fréquemment si la situation l’exige », et couvre huit phénomènes : vent violent, orages, avalanches, neige-verglas, canicule, grand froid, pluie-inondation et vagues-submersion.

Sur l’alerte elle-même, Géorisques recommande d’« identifier le signal national d’alerte pour le reconnaître en cas d’événement ». Sa fiche consacrée au risque industriel en donne la description sonore : une sirène qui retentit trois fois pendant une minute et quarante et une secondes, la fin d’alerte étant signalée par un autre son, d’une trentaine de secondes. Les brochures d’information à demander en mairie précisent les signaux applicables localement.

Les consignes publiées par Géorisques pour un événement de ce type tiennent en quelques gestes : se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur et fermer portes et fenêtres ; arrêter la ventilation et la climatisation ; sortir de son véhicule pour rejoindre un bâtiment ; ne pas aller chercher ses enfants à l’école, car ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours ; rester à l’écoute des consignes des autorités ; éviter de téléphoner afin de laisser les réseaux disponibles pour les secours ; et n’évacuer son domicile que sur ordre des autorités. La même page rappelle, pour les fortes pluies, de ne pas descendre dans les sous-sols ni dans les parkings souterrains.

Le kit d’urgence 72 h publié par Géorisques #

C’est la partie la plus concrète, et celle sur laquelle circulent le plus d’inventions. Il existe pourtant une liste officielle, publiée et téléchargeable en affiche. Géorisques en explique l’intention : « les consignes des autorités peuvent être de quitter immédiatement votre domicile, ou de rester chez vous jusqu’à l’arrivée des secours. Dans les deux cas, il est recommandé d’avoir préparé un sac contenant de quoi vivre pendant 3 jours en autonomie. »

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Le sac doit rester facilement accessible. Voici une partie des éléments que la liste officielle mentionne ; le reste, notamment ce qui touche à la santé, se lit directement sur la page de Géorisques, qui fait foi.

Extraits de la liste officielle
  • De l’eau potable en quantité — « 6 litres par personne en bouteilles », précise Géorisques pour ce kit de 3 jours.
  • De la nourriture non périssable et ne nécessitant pas de cuisson, y compris pour les bébés et les animaux du foyer.
  • Une radio à piles, avec des piles de rechange, « afin de suivre les consignes des autorités ».
  • Une lampe de poche avec piles de rechange, et un chargeur de téléphone portable.
  • De l’argent liquide, « les distributeurs pouvant ne pas fonctionner ».
  • Des photocopies des documents essentiels dans une pochette étanche, et le double des clés de la maison et de la voiture.
  • Des vêtements chauds et une couverture de survie ; une paire de lunettes de vue de secours.
  • De quoi occuper le temps — la liste officielle mentionne des jeux, ce qui en dit long sur le registre réel de l’exercice.
Géorisques recommande de placer le sac dans un endroit facile d’accès, d’en vérifier le contenu une fois par an — dates de péremption et piles comprises — et de le réapprovisionner après chaque utilisation.

Ce qui frappe, à la lecture de cette liste, c’est sa banalité : aucun matériel spécialisé, aucune marque, rien à fabriquer soi-même. Un kit d’urgence tient dans un sac ordinaire et se compose d’objets que la plupart des foyers possèdent déjà — c’est précisément ce qui le rend faisable.

@leparisien

Nous étions au salon du survivalisme, et voici ce qu’on pouvait y trouver #survivalisme #survie #survival ♬ son original – Le Parisien

À retenir #

1Les risques ne sont pas les mêmes partout : le DICRIM en mairie et le DDRM en préfecture disent lesquels concernent votre commune.
2La vigilance météo annonce ; le signal d’alerte prévient qu’un événement est en cours. Ce sont deux choses différentes.
3Se mettre à l’abri, s’informer, ne pas aller chercher ses enfants à l’école, ne pas saturer les réseaux téléphoniques.
4Un kit d’urgence 72 h, accessible et vérifié une fois par an, suffit à tenir en attendant les secours.
5Toute l’information utile est publique et gratuite : il n’y a rien à acheter pour être préparé.

Questions fréquentes #

Faut-il être « survivaliste » pour préparer un kit d’urgence ?
Non. Le kit d’urgence 72 h est une recommandation publique, publiée par le portail d’information sur les risques majeurs et destinée à l’ensemble des habitants. Géorisques précise que la démarche de mise en sûreté est « claire, rapide et simple » et que « tout le monde est concerné ».
Où trouver la liste complète du kit ?
Sur la page « Mon kit d’urgence 72H » de Géorisques, qui la publie aussi sous forme d’affiche téléchargeable. C’est la seule référence à utiliser : les listes qui circulent ailleurs ajoutent souvent des éléments qui n’y figurent pas.
Comment savoir à quels risques mon logement est exposé ?
Le portail Géorisques permet cette consultation en ligne. En complément, le DICRIM est disponible en mairie et sur le site de la commune, et le DDRM en préfecture. Ces documents sont gratuits.
Que faire si j’entends une sirène d’alerte ?
Se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur, fermer portes et fenêtres, s’informer auprès des autorités et attendre leurs consignes — sans aller chercher ses enfants à l’école et sans encombrer les lignes téléphoniques. En cas d’urgence vitale, on appelle les numéros d’urgence habituels.
Faut-il suivre une formation ?
Rien ne remplace un apprentissage encadré pour les gestes qui sauvent, et cela ne s’apprend pas dans un article. Pour le reste — s’informer, préparer un sac, connaître les consignes —, les documents publics cités ici suffisent.

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