En France, se préparer à un événement grave n’est ni une lubie ni une mode : c’est une démarche publique, décrite et outillée par l’administration. Information sur les risques de sa commune, signal d’alerte, consignes à appliquer, sac tenu prêt : tout est écrit noir sur blanc sur les portails de l’État. Voici ce que ces documents disent réellement — et rien d’autre.
Se préparer aux risques majeurs, un sujet public #
Le mot « survivalisme » charrie beaucoup d’imaginaire. Le sujet réel, lui, est beaucoup plus banal et beaucoup mieux documenté : une inondation, une tempête, un accident industriel ou une coupure durable d’électricité, d’eau et de gaz sont des situations que les pouvoirs publics anticipent et pour lesquelles ils publient des consignes.
Géorisques, le portail public d’information sur les risques majeurs, le formule sans dramatiser : « La préparation à la gestion des crises est une responsabilité partagée. Elle incombe aux pouvoirs publics mais aussi à chaque citoyen, qui doit être en mesure, en attendant les secours, de se mettre en sécurité. » Le raisonnement est collectif, pas individualiste : une personne qui sait se protéger seule quelques heures est une personne que les secours n’ont pas à aller chercher, et qui leur laisse le temps d’intervenir ailleurs.
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Ce que recouvre vraiment la préparation #
L’administration a mis un nom et une méthode sur cette démarche : le plan individuel de mise en sûreté (PIMS). C’est un document synthétique à remplir chez soi, que Géorisques présente comme « une méthode simple, accessible à tous », structurée en trois étapes explicitement nommées sur la page : je m’informe, je me prépare, j’agis.
Autrement dit : identifier les risques autour de soi, préparer de quoi tenir sans aide le temps que les secours arrivent, puis savoir où regarder et quoi faire le jour où quelque chose se produit. Rien qui demande un équipement particulier, une formation longue ou un budget. Le reste — ce qu’on voit passer sur les réseaux, les mises en scène, les matériels vendus comme indispensables — ne figure dans aucun de ces documents.
S’informer sur les risques de sa commune #
C’est la première étape, et la plus souvent négligée : les risques ne sont pas les mêmes d’une commune à l’autre, et l’information existe déjà. Géorisques énumère les sources officielles à consulter.
Reconnaître l’alerte et suivre les consignes #
Deux canaux distincts coexistent. La vigilance météorologique, élaborée par Météo-France, annonce un danger à venir ; le signal d’alerte prévient qu’un événement est en cours.
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Sur la vigilance, Géorisques décrit un dispositif volontairement simple : une échelle de quatre couleurs (vert, jaune, orange et rouge) indiquant le niveau de danger maximal prévu, un découpage par département, et une double carte — la journée en cours et le lendemain. Elle est actualisée « au moins deux fois par jour, à 6h et à 16h, plus fréquemment si la situation l’exige », et couvre huit phénomènes : vent violent, orages, avalanches, neige-verglas, canicule, grand froid, pluie-inondation et vagues-submersion.
Sur l’alerte elle-même, Géorisques recommande d’« identifier le signal national d’alerte pour le reconnaître en cas d’événement ». Sa fiche consacrée au risque industriel en donne la description sonore : une sirène qui retentit trois fois pendant une minute et quarante et une secondes, la fin d’alerte étant signalée par un autre son, d’une trentaine de secondes. Les brochures d’information à demander en mairie précisent les signaux applicables localement.
Les consignes publiées par Géorisques pour un événement de ce type tiennent en quelques gestes : se mettre à l’abri dans un bâtiment en dur et fermer portes et fenêtres ; arrêter la ventilation et la climatisation ; sortir de son véhicule pour rejoindre un bâtiment ; ne pas aller chercher ses enfants à l’école, car ils sont pris en charge par les équipes pédagogiques ou les secours ; rester à l’écoute des consignes des autorités ; éviter de téléphoner afin de laisser les réseaux disponibles pour les secours ; et n’évacuer son domicile que sur ordre des autorités. La même page rappelle, pour les fortes pluies, de ne pas descendre dans les sous-sols ni dans les parkings souterrains.
Le kit d’urgence 72 h publié par Géorisques #
C’est la partie la plus concrète, et celle sur laquelle circulent le plus d’inventions. Il existe pourtant une liste officielle, publiée et téléchargeable en affiche. Géorisques en explique l’intention : « les consignes des autorités peuvent être de quitter immédiatement votre domicile, ou de rester chez vous jusqu’à l’arrivée des secours. Dans les deux cas, il est recommandé d’avoir préparé un sac contenant de quoi vivre pendant 3 jours en autonomie. »
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Le sac doit rester facilement accessible. Voici une partie des éléments que la liste officielle mentionne ; le reste, notamment ce qui touche à la santé, se lit directement sur la page de Géorisques, qui fait foi.
- De l’eau potable en quantité — « 6 litres par personne en bouteilles », précise Géorisques pour ce kit de 3 jours.
- De la nourriture non périssable et ne nécessitant pas de cuisson, y compris pour les bébés et les animaux du foyer.
- Une radio à piles, avec des piles de rechange, « afin de suivre les consignes des autorités ».
- Une lampe de poche avec piles de rechange, et un chargeur de téléphone portable.
- De l’argent liquide, « les distributeurs pouvant ne pas fonctionner ».
- Des photocopies des documents essentiels dans une pochette étanche, et le double des clés de la maison et de la voiture.
- Des vêtements chauds et une couverture de survie ; une paire de lunettes de vue de secours.
- De quoi occuper le temps — la liste officielle mentionne des jeux, ce qui en dit long sur le registre réel de l’exercice.
Ce qui frappe, à la lecture de cette liste, c’est sa banalité : aucun matériel spécialisé, aucune marque, rien à fabriquer soi-même. Un kit d’urgence tient dans un sac ordinaire et se compose d’objets que la plupart des foyers possèdent déjà — c’est précisément ce qui le rend faisable.
À retenir #
Questions fréquentes #
Faut-il être « survivaliste » pour préparer un kit d’urgence ?
Où trouver la liste complète du kit ?
Comment savoir à quels risques mon logement est exposé ?
Que faire si j’entends une sirène d’alerte ?
Faut-il suivre une formation ?
- Géorisques — « Mon kit d’urgence 72H » : la liste officielle des objets à préparer et les consignes d’entretien du sac
- Géorisques — « Le plan individuel de mise en sûreté » : la méthode en trois étapes et les sources d’information sur les risques
- Géorisques — « La vigilance » : les quatre couleurs de la vigilance météorologique de Météo-France et les phénomènes couverts
- Géorisques — « Que faire en cas d’accident industriel ? » : description du signal sonore d’alerte et conduite à tenir
- Géorisques — définition du DICRIM et sa base réglementaire dans le Code de l’environnement