Mercredi 21 octobre au soir, les téléphones ont sonné dans un secteur à cheval sur Arles et Saint-Martin-de-Crau, dans les Bouches-du-Rhône. Le préfet a utilisé FR-Alert, le dispositif d’alerte par diffusion cellulaire, pour prévenir les habitants d’une coupure du réseau électrique « potentiellement longue ». Ni la cause ni l’heure de retour du courant n’étaient annoncées. C’est précisément le scénario pour lequel on se prépare : une panne ordinaire qui s’étire, sans visibilité.
Plan de l'article
Ce que disait l’alerte #
Le message, repris par la préfecture de région sur X et relayé par ICI Provence à 19 h 41, tenait en quelques consignes. Si besoin, se rendre aux points d’information mis en place par la commune. Contacter le 18 ou le 112 uniquement en cas d’urgence médicale. Et, pour ceux qui disposent d’appareils sur pile ou sur batterie, suivre les consignes des autorités sur les médias institutionnels et sur la fréquence locale d’ICI Provence.
Trois consignes, et autant de leçons pour tous ceux qui vivent loin de là.
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Leçon n° 1 : la radio reste le dernier lien #
Quand le courant tombe, la box internet s’éteint, et les antennes relais finissent parfois par décrocher quand leurs batteries s’épuisent. L’alerte de mercredi le dit en creux : les informations suivantes passeront par la radio. Un poste à piles ou à dynamo, avec la fréquence de la radio locale notée sur un bout de scotch, vaut mieux que n’importe quelle application.
Faites l’essai chez vous : savez-vous, sans chercher sur votre téléphone, sur quelle fréquence capter la radio publique de votre département ? Si la réponse est non, notez-la aujourd’hui.
Leçon n° 2 : ne pas saturer les secours #
La consigne « 18 ou 112 uniquement en cas d’urgence médicale » n’est pas une formule de style. Lors d’une panne étendue, les standards reçoivent des appels de personnes qui veulent simplement savoir quand le courant reviendra. Ces appels bloquent les lignes pour ceux qui en ont réellement besoin. Pour les nouvelles, c’est la radio, le site de la préfecture ou le point d’information de la mairie.
Une exception à anticiper : les personnes qui dépendent d’un appareil médical électrique, à domicile. Si c’est le cas dans votre famille, le plan de secours se prépare avec le médecin et le prestataire, bien avant la panne, et non au moment où la batterie de l’appareil faiblit.
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Leçon n° 3 : savoir où aller #
Les points d’information communaux sont souvent installés dans une salle municipale, une école ou un gymnase. On y trouve des nouvelles fiables, parfois de quoi recharger un téléphone, et c’est là que les personnes isolées peuvent se signaler. Repérer dès aujourd’hui les lieux que votre commune utilise en cas de crise, c’est gagner du temps le jour où il fera nuit à 18 h sans éclairage public. Le plan communal de sauvegarde, que beaucoup de mairies publient, donne souvent ces informations.
Tenir les premières heures sans courant #
Une coupure longue se gère par étapes. Les premières heures, l’essentiel est de ne pas perdre ce que l’on a.
Le froid et le congélateur
Gardez le réfrigérateur et le congélateur fermés. Chaque ouverture fait remonter la température. Un congélateur plein et fermé se garde mieux qu’un congélateur à moitié vide : c’est une raison de plus pour remplir les vides avec des bouteilles d’eau congelées, qui serviront aussi de réserve d’eau.
La lumière et l’énergie
Lampes frontales et lampes torches plutôt que bougies, qui restent une cause fréquente d’incendie domestique pendant les pannes. Économisez la batterie du téléphone : mode économie d’énergie, luminosité au minimum, données coupées entre deux consultations. Une batterie externe chargée à l’avance fait la différence au bout de quelques heures.
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Le chauffage, sans danger
En octobre, le froid n’est pas encore critique dans le sud, mais la règle vaut partout : jamais de groupe électrogène, de barbecue ou de chauffage d’appoint à combustion dans une pièce fermée. Le monoxyde de carbone ne se voit pas et ne se sent pas. Si vous utilisez un groupe électrogène, il reste dehors, loin des ouvertures.
Le kit, encore et toujours #
Les services de l’État le répètent, à l’image de la préfecture de la Manche et de sa page « Tous résilients face aux risques » : chaque foyer doit pouvoir tenir quelques jours en autonomie. Eau potable, nourriture qui se conserve et se mange sans cuisson, radio, lampe, piles, trousse de premiers secours, médicaments habituels, copies des papiers importants et un peu d’argent liquide, puisque les terminaux de paiement ne fonctionnent plus sans courant.
Rien de spectaculaire. C’est justement ce qui en fait l’intérêt : ce sac est utile aussi bien pour une tempête que pour une panne de réseau comme celle d’Arles.
Ce que l’épisode d’Arles rappelle #
FR-Alert n’est plus seulement testé : il sert. Ce soir-là, il a servi à annoncer une panne dont personne ne connaissait la durée. Le bon réflexe n’est pas d’attendre l’alerte pour se préparer, mais de faire en sorte que, le jour où elle arrive, il n’y ait plus qu’à ouvrir un placard.
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